Chronique pour un imaginaire post-colonial, des identités ouvertes, des regards sans préjugés.
Trois millions de réfugiés libyens viennent de débarquer sur les côtes italiennes et françaises (pour une population totale de 125 millions d'habitants). Ils fuient la guerre dans le plus total dénuement.
Spontanément la solidarité s'organise. Les dons de toutes sortes, matelas, couvertures, réchauds, vêtements, nourriture affluent dans les stock de la Croix rouge à tel point que les entrepôts débordent et que l'aide ne peut plus être acheminée auprès des sites d'hébergement. Face à l'engorgement des capacités d'accueil, les familles de Nice, de Menton, de Vintimille, de San Remo proposent de recevoir des réfugiés chez eux.
Des volontaires arrivent de tout le pays pour secourir les familles déplacées.
Cet élan de générosité est d'autant plus remarquable que l'Italie et la France font face à une crise politique majeure depuis la démission de leurs gouvernements respectifs, les assemblées régionales et les municipalités ne disposent plus des allocations budgétaires de l'Etat pour agir et des assemblées territoriales citoyennes se sont organisées pour prendre en charge les affaires courantes. Cette crise politique se double d'une grave crise économique : tous les investisseurs ont cessé de financer la vie économique, une multitude grèves ralentit le fonctionnement des entreprises.
Pendant ce temps, la Tunisie, s'est trouvée confrontée à un afflux de 2200 voyageurs européens prolongeant leur séjour au-delà de la durée légale de leur visa, dans l'espoir de pouvoir profiter plus longtemps des hôtels et du bord de mer. Le gouvernement tunisien a mobilisé d'importants effectifs de police pour enrayer cette catastrophe aux « proportions bibliques » et traquer ces étrangers en situation irrégulière.
La Tunisie demande instamment au Maroc d'autoriser une partie de ces migrants à se rendre sur son territoire. Mais celui-ci refuse et remet en question les accords qui lient ces pays. Une forte tension politique entre les deux pays fragilise le processus d'intégration régionale du Maghreb.
C'est à peine une fiction. C'est évidemment l'inverse qui se produit, j'ai simplement adapté les chiffres aux proportions : la Tunisie est peuplée de 10 millions et accueille 250 000 réfugiés, tandis que la France et l'Italie (125 millions réunies) s'affolent devant 25 000 migrants, des jeunes déterminés et dans la force de l'âge. Pour le reste, tout est vrai.