Chronique pour un imaginaire post-colonial, des identités ouvertes, des regards sans préjugés.
Marcher n'est pas seulement une activité physique. Marcher dénude de tous les artifices, place l'être et la nature en contact direct, rappelle aux vérités essentielles, éveille les énergies vitales, créatrices. Libère...
Marcher, une philosophie c'est le titre d'un de ces livres dont on se dit qu'ils ont été écrits pour soi, dont on se réjouit que quelqu'un soit parvenu à mettre des mots si justes sur des intuitions partagées.
Extrait, histoire de donner envie : « En marchant, on échappe à l'idée même d'identité, à la tentation d'être quelqu'un, d'avoir un nom et une histoire. Etre quelqu'un, c'est bon pour les soirées mondaines où chacun se raconte, c'est bon pour les cabinets de psychologues. Mais être quelqu'un n'est-ce pas encore une obligation sociale qui enchaîne (on se contraint à être fidèle au portrait de soi-même), une fiction bête pesant sur nos épaules ? »
Rimbaud, Nietzsche, Rousseau... autant d'auteurs dont l'œuvre doit l'essentiel doit à la marche.
Abolir les frontières intérieures, celles qui nous séparent de nous-mêmes, « Ce qui est demeuré inchangé en nous et attend d'être, à nous même, éveillé : ce soi éternel, transcendant les masques, les fonctions, les identités, les histoires. »
Transgresser ainsi, par sa libération intérieure, les conventions extérieures.
A lire donc : Marcher, une philosophie. Frédéric Gros. Carnets nord. 17 euros.