Chronique pour un imaginaire post-colonial, des identités ouvertes, des regards sans préjugés.
Trois jours dans le bassin minier du Sud, à Gafsa et à Redeyef, d'où est partie la révolution tunisienne en 2008 par un soulèvement réprimé sans pitié dans une relative indifférence internationale.
Accueil immédiat et chaleureux, sourire franc, poignée de main ferme, regards clairs et déterminés, maturité politique, conscience aigüe des enjeux, on sent vibrer plus qu'ailleurs l'âme de la révolution. A Redeyef notamment.
Ville minière tombée comme un fruit mûr, sans un jet de pierre, dès le 13 janvier : le commissaire de police a envoyé un messager au syndicaliste qui coordonnait les manifestations pour lui proposer de lui remettre les clés du commissariat... Qu'il a refusées ! Ce n'était pas un putsch. Le pouvoir était dans la rue.

Ici pas de complaisance pour les corrompus. Les tièdes et les révolutionnaires de la 25ème heure sont priés de rester discrets. L'estime se juge à l'aune de la fidélité dans l'épreuve, mesurée aux semaines passées en prison, aux passages à tabac, aux actes de défi à l'arbitraire et à la corruption du régime. Ça vous forge des caractères d'acier pur.
Jeudi, une salle pleine à craquer accueil une délégation de représentants de différents pays arabes (le comité de suivi du Forum social Maghreb, Machrek). Un volcan !
Moment de grâce d'une dignité insurgée, retrouvée et acclamée. Frisson et larmes aux yeux communicatifs.