Chronique pour un imaginaire post-colonial, des identités ouvertes, des regards sans préjugés.
On the road again ! En Ethiopie cette fois où le hasard et les caprices d'un volcan islandais m'avaient mis en rapport avec de jeunes juifs engagés dans un coming out identitaire d'une communauté qui, par crainte de l'antijudaïsme chrétien, s'était jusqu'à présent dissimulée sous divers stratagèmes.
Des juifs marranes en quelque sorte (ces juifs espagnols convertis pour pouvoir éviter l'expulsion après la Reconquista), mais qui n'auraient pas eu le temps d'oublier totalement leur origine.
Relativement protégés sous Mengistu, oubliés dans les opérations israéliennes d'exfiltration des Falashas, certains sentent à présent qu'il est tant de se dévoiler et de revendiquer leur place et leurs droits. Stratégie périlleuse.
Une enquête qui me ramène, coquin de sort, à ce Proche Orient déprimé et déprimant, que j'avais décidé d'éviter du regard quelque temps pour y avoir laissé trop d'énergie.
Une belle enquête de terrain dont j'espère être à la hauteur (aucun journaliste n'a travaillé dessus jusqu'à présent). Une exploration des questions dans laquelle notre époque se débat : comment préserver son être dans l'ouverture et l'échange ? L'identité est-elle une réalité absolue et permanente ? La frontière est-elle une limite qui protège ou qui enferme ?
Humainement, un sujet riche. Intellectuellement, une nouveau voyage dans les marges incertaines d'un imaginaire où les identités cesseraient d'être mortifères, aiguisées par des Etats comme des armes de guerre.