Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chronique pour un imaginaire post-colonial, des identités ouvertes, des regards sans préjugés.

Publicité

A 15 minutes de l'hôtel

L'avenue Habib Bourguiba, ce sont les Champs Elysées de Tunis, douceur de vivre en plus (abstraction faite des rouleaux de barbelés et des tanks postés au bout). Terrasses à l'ombre des arbres, flâneurs, hôtels et boutiques, discussions politiques entre euphorie et doutes. A quinze minutes de là, première sortie de terrain dans l'un des quartiers populaires de la ville. 

Rencontre avec Ferhat. « La pauvreté ? C'est Ferhat ! » Une vie de repas maigres se lit dans ses joues creuses et sa silhouette chétive. Quelques dinars de revenu par jour. « Certains jours, je n'ai pas d'argent, je deviens fou. » Un âne, une carriole, il va vendre les fours en terre cuite (pour cuire le pain tabouna), fabriqués avec des morceaux de brique réduits en poudre.

Il vit dans un quartier spontané qui me donne l'impression de marcher dans un camp de réfugiés palestiniens, ruelles étroites, construction anarchique. L'eau et l'électricité ont été amenées il y a 25 ans, depuis... rien. « On n'a vu personne. »

Enfin, il y a quelques années, le président Ben Ali avait découvert, consterné, que les rues des quartiers populaires portaient des numéros. Rue 3407, c'est un peu sinistre. Il avait demandé aux municipalités d'y remédier. Depuis la rue 3407 s'appelle rue des délices, et un peu plus loin, on passe rue de la Noblesse. C'est vrai que sonne tout de suite mieux...

Pour bénéficier des programmes de logement social, il fallait soudoyer le fonctionnaire (bon, ce n'est pas si rare ailleurs). 

Et maintenant ? « Nous sommes inquiets. Est-ce que notre situation peut vraiment changer ? » C'est toute la question.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article